Comment formuler des consignes ?


Rédiger des consignes adéquates est une tâche difficile pour les enseignants. C’est très souvent au moment de donner les exercices qu’on se rend compte que la consigne n’est pas suffisamment claire, que des zones d’implicites y sont encore trop présentes. Bien évidemment, la consigne parfaite n’existe pas, sinon cela se saurait. Par contre, il existe toute une série de pistes envisageables par l’enseignant pour améliorer la rédaction de ces consignes. 


La métacognition pour l'enseignant

La consigne se doit d’être précise et complète ! Elle énonce le but de la tâche, défini lui-même en fonction de l’objectif pédagogique poursuivi par l’enseignant en termes de savoirs et de savoir-faire.

 

Les bonnes questions à se poser : 

  • Pourquoi ce travail ? (quel intérêt pour l’élève ?).
  • Quoi faire ? (ce que l’élève doit être capable de réaliser).
  • Comment faire, avec quoi ? (dans quelles conditions matérielles, de temps…).
  • Jusqu’où, quel degré d’achèvement ou de réussite ? (ce qu’il faut faire pour que le travail soit considéré comme terminé et conforme au but recherché). 


Simplifier une consigne : erreur !

Une erreur souvent commise par les enseignants est qu’ils pensent que le fait de simplifier une consigne la rend plus accessible aux élèves et leur permettra ainsi de réussir plus facilement la tâche demandée.

  • Le but d’un travail scolaire n’est pas toujours la réussite immédiate, mais bien la contribution qu’elle apporte à un apprentissage sur le long terme.

 

Non, un énoncé où toute une classe échoue n’est pas automatiquement négatif du moment où on analyse les raisons de l’échec. Dans certains cas, nos situations mobilisatrices amènent les élèves à l’échec non pas dans une optique de les réprimander, mais plutôt dans une optique d’apprentissage. 

 

L’important est l’objectif visé !

 

Ainsi plutôt que la réussite à tout prix d’un exercice de mathématiques, l’objectif visé est avant tout la démarche et la recherche que l’élève réalise. Il est à craindre que, sous prétexte de se mettre à la portée des élèves en difficulté, on leur réserve des consignes sans enjeu intellectuel

 

Dès lors, J.M Zakharthouck liste une série de tâches à effectuer pour :

  • voir ce que savent ou ne savent pas faire les élèves avant d’aborder une leçon ;
  • vérifier si l’élève sait bien faire quelque chose qu’on a appris ;
  • aider l’élève à faire son travail (consignes qui permettent d’entrer dans le sujet d’un travail) ;
  • inciter l’élève à réfléchir, à chercher, à se concentrer sur le processus ;
  • aider l’élève à bien comprendre ce qu’on apprend, vérifier s’il a compris, participer à son autoévaluation.

Choix d'un vocabulaire adéquat

G. De Vecchi, souligne l’importance de la rigueur dans le lexique utilisé.

--> il faut s’interroger sur la « tâche cognitive » induite par un terme dans telle ou telle discipline.

 

les verbes comme : faire, analyser, dire, comprendre, justifier, commenter, comparer, expliquer, décrire, etc.

  • Sources de confusion et/ou d’incompréhension.
  • Il s’agit de verbes mentalistes, renvoyant à des opérations mentales, qui ne sont pas assez concrets et derrière lesquels les élèves ont du mal à mettre du sens.

Il semble nécessaire, dans la mesure du possible, de les remplacer par des verbes exprimant des comportements mieux cernés.

« Comparer » pourra devenir « noter par écrit, dans un tableau, les éléments identiques et les éléments différents contenus dans … ».

 

J.M. Zakhartchouk souligne donc l’importance, derrière une consigne, de déterminer :

  • la démarche mise en œuvre (communiquer, traiter l’information, prévoir, déduire, etc.) ;
  • l’opération intellectuelle qui est en jeu ( reproduire ce qu’on a appris, appliquer, sélectionner, etc.).