Le contrat didactique

Guy Brousseau définit le contrat didactique comme :

 

« l’ensemble des comportements de l’enseignant qui sont attendus de l’élève, et de l’ensemble des comportements de l’élève qui sont attendus de l’enseignant. »

 


Il s'agit donc d'un contrat largement implicite qui se tisse entre le professeur et les élèves en relation avec un savoir. 

 

Ce contrat fixe les rôles, places et fonctions de chacun des éléments du pôle, les attentes réciproques des élèves et du maître (le maître « fait » le cours, les élèves des exercices).

 

Les interactions se nouant dans le cadre de ce contrat peuvent être symbolisées par le triangle ci-dessus.


Les effets pervers du contrat didactique

Néanmoins, ce contrat peut provoquer des effets qualifiés de pervers, dès lors que des automatismes sont mis en place.

 

Citons, dans le cadre de la résolution de problème, « l’âge du capitaine ».

Stella Baruk relatait en 1985, un problème proposé à des élèves de primaire :

 

« Sur un bateau, il y a 26 moutons et 10 chèvres. Quel est l’âge du capitaine ? ».

 

Parmi les 97 élèves, 76 ont donné l’âge du capitaine en utilisant les nombres figurant dans l’énoncé soit 26 + 10 = 36 donc le capitaine a 36 ans.

  • Les élèves pensent qu’un problème donné par son enseignant a toujours une solution.
  • L’enfant ne contrôle pas le sens de l’exercice, il se contente de répondre. 

Les enfants sont conscients de l’incohérence de la proposition, mais le contrat didactique classique ne prévoit pas qu’ils doivent se prononcer sur la pertinence du problème

 

Par ailleurs, lors de la passation des consignes, il est possible d’observer ce qu’on appelle « l’effet Topaze » :

 

Le professeur réunit des conditions qui permettent la réponse attendue sans que l'élève n'ait eu à investir le moindre sens.

 

J-M. Zakhartchouk s’indigne d’une simplification trop poussée qui fait perdre à un exercice son intérêt premier.

Exemple très connu :

le professeur demande : « c’est une proposition prin… ? » - « cipale ! », répondent les élèves en chœur.

Ce sont des questions sans intérêt et qui ne font pas progresser les enfants dans leurs recherches ni leur démarche en tant qu’acteurs de leurs apprentissages.


Opter pour un contrat de confiance

André Antibi propose aux enseignants de mettre en place un contrat de confiance pour lutter contre « la constante macabre ».

 

Qu’est-ce que cette constante macabre introduite par André Antibi en 1988 ?

 

Je vous invite à écouter Monsieur André Antibi dans la vidéo ci-dessous. 

 

Adaptation de ce contrat avec les consignes

  • Les élèves rédigent eux-mêmes les consignes et les réponses aux questions.
  • Entrainés à rédiger eux-mêmes les consignes, les élèves en acquièrent mieux le vocabulaire et/ou la syntaxe.